Joseph Fouché

Mémoire d'encres - Documents signés de Joseph FOUCHÉ (1759-1820), homme politique

Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes et duc d’Otrante, est un homme politique français. Il naît en 1759 près de Nantes et meurt le 26 décembre 1820 à Trieste. Il fut ministre de la Police sous le Directoire, le Consulat, l’Empire et la Seconde Restauration.

Joseph Fouché a fait ses études chez les oratoriens de Nantes, avant d’entrer dans cette congrégation ; il professe à Juilly et à Arras, où il reçoit les ordres mineurs, puis à l’école militaire de Vendôme.

En 1782, il devient professeur de sciences au collège de l’Oratoire de Niort et dans les collèges de Vendôme, Saumur, Juilly et à Arras (1788), où il fait la connaissance de Robespierre à l’académie des Rosati, société littéraire et loge para-maçonnique. En 1789, Il devient franc-maçon dans la loge Sophie-Madeleine-Reine de Suède d’Arras.

À la Révolution, devenu avocat, il est envoyé à la Convention en septembre 1792 par le département de la Loire-Inférieure et votera la mort de Louis XVI. Radié du club des Jacobins à la demande de Robespierre, Fouché participe au 9 thermidor. Repoussé par les thermidoriens, il est mis aux arrêts le 9 août 1795. L’amnistie du 4 brumaire de l’an IV (26 octobre 1795) lui rend la liberté.

Le 9 août 1799, sous Le Directoire, il est nommé ministre de la Police générale et fera arrêter les Directeurs du Coup d’État du 18 brumaire, en ayant soin d’épargner Napoléon Bonaparte. Le Premier Consul le maintient à son poste avant de supprimer son ministère en 1802, suite aux critiques de Talleyrand et des frères de Bonaparte.

Après la courte trêve de la paix d’Amiens, Fouché réintègre le ministère de la Police, du 10 juillet 1804 au 3 juin 1810 ; il est nommé comte d’Empire (1808), puis duc d’Otrante (1809).

En 1810, Joseph Fouché tombe de nouveau en disgrâce pour avoir entamé des pourparlers secrets avec la Grande-Bretagne. Napoléon dans une lettre restée célèbre du 1er Juillet 1810 le somme de quitter son poste dans les 24 heures.

En juillet 1813, après la campagne de Russie, il est nommé gouverneur des provinces illyriennes et envoyé ensuite en mission à Naples auprès de Murat. À son retour en France, Fouché offre ses services aux Bourbons, qui ne les acceptent pas.

Pendant les Cent-Jours, l’Empereur rappelle Joseph Fouché, qui occupe pour la troisième fois le poste de ministre de la Police, du 20 mars 1815 au 22 juin 1815.

Son passé de régicide n’est cependant pas oublié et la loi du 12 janvier 1816 le condamne à l’exil. Fouché tente de rester néanmoins à Dresde, comme simple particulier, mais est finalement contraint de partir à Prague, où il séjourne d’août 1816 à l’été 1818.

Suspecté de complot par Élie Decazes, il quitte Prague pour Lintz et s’exile ensuite à Trieste, où est installé Jérôme Bonaparte avec sa famille.