Mémoire d'encres - autographe de Stendhal

Mémoire d'encres - Documents signés de STENDHAL (1783-1842), écrivain

Romancier à la croisée des mouvements romantique et réaliste, Henri Beyle dit Stendhal, est né en 1783 à Grenoble et mort en 1842 à Paris. Le Rouge et le Noir (1830), La Chartreuse de Parme (1839) et Lucien Leuwen (inachevé) font de lui, aux côtés de Balzac, HugoFlaubert ou Zola, un des grands représentants du roman français du XIXe siècle.

Stendhal perd sa mère alors qu’il n’a que 7 ans, il est élevé par son père et sa tante Séraphie. L’abbé Raillane devient également son précepteur, il leur reprochera leur dureté et leur froideur. C’est son grand père, Henri Gagnon, médecin, auprès duquel il trouve réconfort et affection qui l’initie à la littérature.

En 1796, après des études à Grenoble couronnées par un prix de mathématiques, il renonce à son projet de se présenter à l’École Polytechnique, quitte la ville en 1799, au lendemain du coup d’État du 18 brumaire et abandonne ses études pour se consacrer à son projet « d’être un séducteur de femme » et d’écrire des comédies.

En 1800, sur le conseil de son oncle Noël Daru, Stendhal devient secrétaire au Ministère de la guerre, puis rejoint l’armée et part de Paris pour Milan. En 1802, de retour à Paris, il quitte l’armée, commence à écrire des comédies et suit des cours de danse, d’anglais et de grec. Tenaillé par des soucis financiers, il doit rapidement solliciter de nouveau un poste militaire et part pour l’Allemagne en 1806.

En 1810, Stendhal est auditeur au Conseil d’Etat et finit sa carrière militaire en tant qu’inspecteur du mobilier et des bâtiments de la Couronne. Sa vie se partage dès lors entre Paris et Milan, où il rédige quelques essais sur la peinture, la musique et la littérature. Il visite l’Italie, notamment Bologne et Florence, où sa visite de la basilique Santa Croce lui procure un trouble psychosomatique qui deviendra le « syndrome de Stendhal ».

En 1814, la Restauration met fin à sa carrière, il retourne à Milan pour se consacrer à ses passions (théâtre, concerts, musées) et, en 1819, Stendhal compose son traité De l’amour, inspiré par son chagrin d’amour pour Matilde Dembowski, qui paraît en 1822 et sera vendu à 40 exemplaires.

De 1824 à 1827, il écrit quelques articles alimentaires pour le Journal de Paris, sur les Salons et sur le Théâtre Italien et publie des chroniques dans différentes revues britanniques. En 1827, Stendhal publie son premier roman : Armance ou quelques scènes d’un salon de Paris.

En 1830, il est nommé consul à Trieste, puis en 1831 à Civitavecchia. Peu après la Révolution de 1830, il publie son deuxième roman qui sera son œuvre majeure qui lui confèrera une certaine notoriété, Le Rouge et le Noir. Tout en partageant sa vie entre Paris et Milan, il rédige ensuite des autobiographies (Souvenirs d’égotismeVie de Henry Brulard) et des romans (Lucien LeuwenLamiel), qu’il n’achèvera pas.

En 1839, Stendhal publie sa seconde œuvre majeure et son dernier roman, La Chartreuse de Parme, qui dépeint la cour de Parme, son microcosme politique, ses conflits et ses complots.

Il revient à Paris et y meurt en 1842, à 59 ans, d’une attaque d’apoplexie.